penpen avec rapide relecture de JBeuh a écrit:
Soins aux amandes
Mes narines se dilatent sous les effluves de cette graine, je ne peux supporter plus longtemps cet arôme. Mais que faire ? Je ne peux pas me mouvoir et, après tout, cette odeur ne vaut-elle pas celle de ma chair brulée, cette peau qui cicatrise sous les onguents de ce fruit de malheur ?
Alors que la voix fluette de l’infirmière parvient à mes oreilles, cette odeur me transporte une fois de plus. Je redeviens un enfant, jouant et riant, batifolant dans la rivière ou dans les hautes herbes bordant le village. La réminiscence de ce lointain passé ne s’arrête pas, je me revois rentrer à la maison. Mon estomac réclame déjà la friandise que ma mère me prépare tous les dimanches. Mes papilles salivent encore en repensant au goût léger et délicat des tartes aux amandes. Nul ne faisait de meilleure pâtisserie à des kilomètres à la ronde. Aujourd’hui encore des larmes me montent aux yeux lorsque je repense aux subtiles saveurs qui inondaient mon jeune palais.
Mais aujourd’hui, cette odeur d’amande n’annonce aucune gourmandise. Celle qui était autrefois la messagère du bonheur est devenue annonciatrice de souffrance.
La torture commence. Bien que pleine de délicatesse, l’infirmière applique sa pâte sur mes chairs à vif, ayant connu la chaleur des flammes. La douleur devient de plus en plus intense. J’ai l’impression que ma peau est transpercée par des milliers d’épines. Je sens les effluves d’amande envahir la chambre. Elle se mélange à l’odeur aseptisée des produits de désinfections.
Je sens la chaleur envahir mon corps sous le passage des compresses enduites de ce baume. Mes bras, mon torse et mes jambes me brulent comme lors de cet incident. Cet « accident » qui a fait de moi ce que je suis aujourd’hui, un corps suintant dans une chambre stérile.
Ma torture se termine. Et avec elle, c’est le dernier contact humain qui me reste. Est-ce parce que j’ai ce corps monstrueux que tout le monde me fuit ? Est-ce à cause de la souffrance ? Tout ce que je sais c’est que je suis seul et que j’en viens à attendre ce moment de torture.
La voix de l’infirmière me sort de mes pensées, je comprends qu’elle quitte la pièce, surement appelée à d’autres tâches, d’autres malades moins horrifiques. Elle passera la porte dans quelques minutes me laissant dans cette odeur d’amande que j’aime et hais à la fois. J’ai peur à l’idée que mes pensées retournent à ma femme et ma fille qui ont péri dans le feu qui a englouti ma vie.
Ne me laissez pas seul… Ne me laissez pas seul… Dire qu’il s’agit des premiers mots qui sortent de ma bouche depuis trois mois.
Mon commentaire : beaucoup de phrases longues. J'ai l'impression d'un style artificiellement soutenu. Peut-être me trompe-je. Plusieurs impropriétés. Enfin, je suis toujours très critique... Mais cela ne m'apparaît pas naturel comme écriture.
Il est amusant que sur les trois textes, nous ayons tous procédé à la même manÅ“uvre, c'est-à -dire de garder des éléments, pourtant importants, pour la fin.
J'avoue aussi que le domaine hospitalier exerçant une certaine répulsion sur moi, je suis mal à propos pour critiquer ce texte.
JBeuh, rapidement...